
La conjoncture économique
La Thaïlande est la deuxième économie d'Asie du Sud-Est après l'Indonésie et, forte de son statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, constitue un point d'ancrage économique pour les pays voisins en développement. L'économie thaïlandaise poursuit sa lente reprise après le choc de la COVID-19 : l'activité économique a progressé de 2,5 % en 2024 et de 2,4 % en 2025 (NESDC). La consommation privée, qui assure plus de la moitié de la croissance globale, a ralenti à 1,9 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026, contre 3,3 % au trimestre précédent, sur fond d'endettement élevé des ménages, de durcissement des conditions de crédit et de faibles perspectives à moyen terme. Le tourisme, qui représentait 12 à 17 % du PIB avant la pandémie, n'atteignait que 8,9 % du PIB fin 2024, les arrivées reculant à 32,97 millions en 2025 malgré la reprise mondiale du tourisme. L'investissement n'est pas encore devenu un moteur essentiel de la reprise ni de la croissance à moyen terme. L'écart de croissance de la Thaïlande avec ses pairs de l'ASEAN demeure important, équivalant à une perte de production de 8 à 14 % du PIB depuis le retour aux niveaux d'avant la COVID. La croissance devrait s'établir entre 2,0 et 2,5 % en 2026, avec un point médian de 2,2 %, soutenue par les mesures de relance budgétaire et la hausse de l'investissement public prévues par le budget de l'exercice 2026. La consommation privée devrait rester soutenue, portée par les mesures gouvernementales, tandis que l'investissement privé devrait progresser, stimulé par la dépense publique et par la hausse des flux entrants d'IDE.
Selon la Banque mondiale, le déficit de l'exercice 2024 (octobre 2023–septembre 2024) est tombé à 2,5 % du PIB, son plus bas niveau depuis cinq ans, grâce à l'amélioration du recouvrement des recettes liée à la reprise économique et à la baisse des dépenses d'investissement due à un retard de sept mois dans l'adoption du budget. Le taux d'exécution du budget d'investissement a atteint 70 %, en deçà de la moyenne de 74 % des trois dernières années. La dette publique a atteint 66,9 % du PIB (12,9 milliers de milliards de THB) fin mars 2026 et devrait continuer d'augmenter avec le creusement du déficit, alimenté par la hausse des dépenses, notamment au titre de la relance budgétaire et des transferts monétaires. En septembre, le déficit s'est creusé en raison de l'accélération des dépenses, dont un versement en espèces de 10 000 THB à 14 millions de titulaires de la carte de protection sociale. La dette des ménages est passée de 40 % du PIB en 2003 à 90 % en 2020, sous l'effet de la libéralisation financière, de politiques favorables à la consommation (par exemple les incitations à l'achat d'une première voiture et d'un premier logement, ou le programme de nantissement du riz) et de chocs de revenus (inondations de 2011, manifestations de 2013-14, pandémie). Au deuxième trimestre 2024, la dette était redescendue à 90,7 % du PIB, contre un pic de 95,8 %, les ménages s'étant désendettés après la pandémie. Elle reste néanmoins un risque majeur pour le secteur financier, du fait de son niveau élevé et de la part importante des prêts à la consommation non garantis dans les portefeuilles bancaires. L'indice des prix à la consommation (IPC) moyen de la Thaïlande a reculé de 0,14 % en glissement annuel en 2025, première baisse annuelle en cinq ans, selon le ministère du Commerce. Le NESDC prévoit une inflation de 1,5 à 2,0 % en 2026, de retour dans la fourchette cible des autorités (1 à 3 %).
Le taux de chômage est resté très faible au deuxième trimestre 2026 (0,96 %) et devrait se maintenir autour de 1 % sur l'horizon de prévision (NESDC). Le taux de chômage officiel de la Thaïlande compte parmi les plus bas au monde en raison de la faible natalité, de l'absence d'assurance sociale et du poids du secteur informel, qui emploie l'essentiel de la main-d'œuvre (vendeurs de rue, mototaxis et travailleurs indépendants). Le PIB moyen par habitant du pays (en PPA) était estimé à 26 250 USD en 2025 par la Banque mondiale. Au cours des dernières années, la Thaïlande est le pays de l'ASEAN qui a le plus progressé dans l'éradication de la pauvreté : celle-ci serait tombée à 8,2 % en 2024, grâce à une croissance plus forte, au reflux de l'inflation et à un transfert monétaire ponctuel en faveur de 14,6 millions de titulaires de la carte de protection sociale dans le cadre du programme Digital Wallet, qui a probablement stimulé la consommation. Les inégalités ont également reculé d'environ 1,5 point de Gini (Banque mondiale). Toutefois, pour pérenniser ces progrès, il faudra faire face aux risques liés au climat, comme les récentes inondations, ainsi qu'aux défis structurels liés à la démographie et aux revenus du travail.
| Indicateurs de croissance | 2025 | 2026 (E) | 2027 (E) | 2028 (E) | 2029 (E) |
| PIB (milliards USD) | 577,01 | 580,00 | 584,05 | 599,26 | 622,61 |
| PIB (croissance annuelle en %, prix constant) | 2,4 | 1,5 | 2,1 | 2,3 | 2,5 |
| PIB par habitant (USD) | 8.057 | 8.105 | 8.170 | 8.392 | 8.730 |
| Solde des finances publiques (en % du PIB) | -1,9 | -2,2 | -1,9 | -2,0 | -2,2 |
| Endettement de l'Etat (en % du PIB) | 64,7 | 66,8 | 67,8 | 68,6 | 69,1 |
| Taux d'inflation (%) | -0,1 | 0,9 | 1,0 | 1,2 | 1,4 |
| Balance des transactions courantes (milliards USD) | 17,72 | 4,11 | 8,23 | 11,42 | 14,42 |
| Balance des transactions courantes (en % du PIB) | 3,1 | 0,7 | 1,4 | 1,9 | 2,3 |
Source : FMI - World Economic Outlook Database , Dernières données disponibles
Risque pays
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