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La conjoncture économique

La France se classe au septième rang des puissances économiques mondiales (FMI, 2026). En 2025, le PIB de la France a progressé de 0,8 %, après 1,5 % en 2024. L'investissement des ménages s'est stabilisé (-0,2 %) après un recul de 9,8 % en 2024 dû à des taux d'intérêt élevés et à une faible confiance. L'investissement des entreprises est reparti légèrement à la hausse (+0,4 %), malgré un faible taux d'utilisation des capacités et une demande atone. Le soutien public s'est estompé, la consommation publique collective reculant (-0,3 %) et l'investissement public ralentissant (+2,6 %). En 2025, une orientation budgétaire restrictive a constitué le principal frein à l'activité (INSEE). L'investissement privé est resté faible en raison des effets différés de la politique monétaire accommodante et de l'incertitude économique persistante. La consommation privée a bénéficié de la désinflation et de la hausse des salaires réels. En 2026, l'activité économique devrait rester stable, avec une croissance du PIB de 0,8 %, avant de s'accélérer à 1,1 % en 2027, soutenue par des ajustements budgétaires moindres et la baisse du coût du crédit. La croissance sera portée par les exportations nettes, notamment dans l'aéronautique et la défense, la hausse des prix de l'énergie pesant sur les revenus réels disponibles et la consommation privée restant modérée.

S'agissant des finances publiques, le déficit budgétaire a été estimé à 5,1 % du PIB en 2025, contre 6,1 % en 2024. Les mesures d'assainissement budgétaire annoncées pour 2025 représentent 1,4 % du PIB, mais les projections retiennent un effort moindre, avec un ajustement structurel du solde primaire de 1 % du PIB en 2025 et de 0,5 % en 2026 (données OCDE). En 2026, le déficit des administrations publiques devrait atteindre 5,1 % du PIB, avant de se creuser à 5,7 % en 2027, certaines mesures de recettes arrivant à échéance. Le ratio recettes/PIB devrait diminuer d'environ ¼ de point de pourcentage, tandis que le ratio de dépenses ne baisserait que légèrement. Les charges d'intérêts devraient augmenter de 0,3 point de pourcentage. Après des années de hausse, la dette publique a été estimée à 115,6 % du PIB en 2025. Elle devrait continuer d'augmenter progressivement, pour atteindre 118,1 % en 2026 et 120,2 % en 2027 (Commission européenne). Cette hausse s'explique principalement par des déficits primaires élevés et par l'augmentation des charges d'intérêts, tandis que l'effet réducteur de dette de la croissance nominale devrait être plus modéré que les années précédentes. L'inflation a encore reculé en 2025, s'établissant en moyenne à 0,8 % sur l'année, principalement sous l'effet de la baisse des prix de l'énergie et de l'alimentation, ainsi que du ralentissement des prix des services. Une nette hausse est attendue en 2026 en raison d'effets de base et d'un choc sur les prix de l'énergie. La progression des prix de l'énergie devrait faire grimper l'inflation globale en 2026, inversant les baisses des prix de l'électricité enregistrées en 2025. L'inflation moyenne s'est établie à 0,9 % en 2025, et devrait passer à 2,4 % en 2026 avant de revenir à 1,8 % en 2027, retrouvant ainsi l'objectif de la BCE.

Le marché du travail a résisté en 2025, mais s'est dégradé au cours de 2026. Le taux de chômage a augmenté de 0,2 point de pourcentage, à 8,3 % au deuxième trimestre 2026, bien au-dessus de son point bas de 2008, tandis que l'emploi salarié a reculé de 0,2 % sur l'ensemble de 2025. Selon les données de l'INSEE, au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage en France hors Mayotte a atteint 8,3 %, après 8,1 % au trimestre précédent et 7,5 % un an plus tôt. L'emploi salarié devrait continuer de reculer en 2026 (-0,4 %, après -0,2 % en 2025), à mesure que l'effet des contrats d'apprentissage s'atténue, que le nombre d'heures travaillées revient aux niveaux de 2019 et que la productivité du travail se redresse. Le taux de chômage devrait encore augmenter, à 8,3 % en 2026 et 8,7 % en 2027, après 7,7 % en 2025 (Commission européenne). En moyenne, les citoyens français bénéficient d'un PIB par habitant (PPA) élevé, estimé à 63 975 USD en 2025 par la Banque mondiale. Néanmoins, les inégalités persistent et, selon Eurostat, 18,6 % de la population était menacée de pauvreté ou d'exclusion sociale en 2025 (légèrement au-dessus de la moyenne de l'UE de 17,1 %).

 
Indicateurs de croissance 20252026 (E)2027 (E)2028 (E)2029 (E)
PIB (milliards USD) 3.368,933.596,093.672,073.775,713.888,62
PIB (croissance annuelle en %, prix constant) 0,90,90,91,21,2
PIB par habitant (USD) 48.93052.08353.03554.37955.849
Solde des finances publiques (en % du PIB) -5,1-4,9-4,8-4,3-3,8
Endettement de l'Etat (en % du PIB) 116,0118,4120,5121,1121,3
Taux d'inflation (%) 0,91,81,71,91,9
Taux de chômage (% de la population active) 7,67,97,97,77,5
Balance des transactions courantes (milliards USD) -14,82-12,05-7,488,3913,66
Balance des transactions courantes (en % du PIB) -0,4-0,3-0,20,20,4

Source : FMI - World Economic Outlook Database , Dernières données disponibles

Risque pays

Consultez l'analyse risque pays proposée par la Coface.

 

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Les principaux secteurs économiques

La France est la première puissance agricole de l'Union européenne, avec près d'un quart de la production agricole totale de l'UE. Néanmoins, le secteur agricole ne représente qu'une très faible part du PIB du pays (1,3 %) et emploie 3 % de la population (Banque mondiale, dernières données disponibles). Le blé, le maïs, les viandes et le vin sont les principaux produits agricoles de la France. Le nombre d'exploitations agricoles françaises a été divisé par quatre en cinquante ans : on en comptait plus de 1,5 million en 1970, contre moins de 400 000 aujourd'hui, pour une superficie moyenne de 69 hectares. La France domine la filière viticole mondiale en tant que premier producteur – avec environ 20 % de la production mondiale, soit quelque 48 millions d'hectolitres par an – et figure parmi les premiers exportateurs, avec des recettes d'exportation se chiffrant en milliards (15,6 milliards EUR en 2024). Selon les premières estimations de l'INSEE pour les comptes de l'agriculture 2024, la production a reculé de 7,5 %, sous l'effet de la baisse des prix et des volumes. La production végétale devait diminuer de 6,8 % en volume en raison de conditions météorologiques défavorables, avec des prix en baisse de 6,8 %, entraînant un recul de 13,1 % de la valeur de la production végétale. La production animale a diminué d'environ 1,4 %, avec des prix en baisse de 2,3 %, partiellement compensée par une légère hausse des volumes de 0,9 %. Les consommations intermédiaires devaient reculer de 8,0 %, la baisse des prix permettant un léger rebond des volumes. En conséquence, la valeur ajoutée brute par actif en termes réels a diminué de 7,7 % en 2024, après un recul de 9,6 % en 2023.

L'industrie manufacturière française est très diversifiée ; toutefois, le pays connaît actuellement un processus de désindustrialisation qui s'est traduit par l'externalisation de nombreuses activités. Aujourd'hui, l'industrie représente 16,8 % du PIB et emploie près d'un cinquième de la population active (Banque mondiale). Si les services dominent l'économie française, l'industrie demeure essentielle. Des piliers traditionnels comme l'aérospatiale (Airbus), l'automobile (Peugeot, Renault) et le luxe (LVMH) prospèrent aux côtés de l'agroalimentaire (fromages et vins réputés) et de la chimie/pharmacie (Sanofi). Des secteurs émergents tels que les industries numériques, les énergies renouvelables et les industries vertes gagnent du terrain grâce au soutien des pouvoirs publics. La concurrence, l'évolution technologique rapide et le durcissement des réglementations environnementales posent des défis, mais le secteur industriel français, riche en innovation et en savoir-faire manufacturier, est bien placé pour s'adapter et rester une force mondiale. Selon les chiffres officiels provisoires, la production manufacturière française au quatrième trimestre 2024 était inférieure de 1,9 % à celle de la même période de 2023, tandis que la production de l'ensemble de l'industrie était inférieure de 1,2 %.

Le secteur tertiaire représente 70,9 % du PIB français et emploie 78 % de la population active (Banque mondiale). La France est la première destination touristique au monde : en 2024, plus de 100 millions de visiteurs internationaux se sont rendus dans le pays (+2 millions en glissement annuel), générant environ 71 milliards EUR de recettes internationales (+12 % - données du ministère de l'Économie). Selon la Fédération bancaire européenne, les activités financières représentaient 3,2 % de la valeur ajoutée totale en France en 2023, dont environ 60 % attribuables au secteur bancaire. Le secteur bancaire employait 355 100 personnes fin 2023, avec 326 banques en activité, dont quatre sont reconnues par le Conseil de stabilité financière comme faisant partie des huit banques d'importance systémique mondiale (G-SIBs) de la zone euro.

 
Répartition de l'activité économique par secteur Agriculture Industrie Services
Emploi par secteur (en % de l'emploi total) 2,33 19,34 78,33
Valeur ajoutée (en % du PIB) 1,40 16,78 70,85
Valeur ajoutée (croissance annuelle en %) 6,95 -0,62 0,85

Source : Banque Mondiale - Dernières données disponibles.

 
Indicateurs monétaires 20212022202320242025
Euro (EUR) - Taux de change annuel moyen pour 1 USD 0,850,950,920,920,88

Source : Banque Mondiale - Dernières données disponibles.

 

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Commerce extérieur

La France est un acteur majeur du commerce mondial, les échanges représentant 67 % de son PIB en 2025 (Banque mondiale). Selon les données de Comtrade, les exportations françaises en 2025 étaient dominées par les aéronefs et engins spatiaux (5,1 %), les médicaments (4,9 %), les turboréacteurs et turbines à gaz (4,2 %), les voitures automobiles (3,5 %) et la bijouterie-joaillerie (2,4 %) ; tandis que les importations se composaient principalement de voitures automobiles (5,3 %), d’huiles de pétrole raffinées (3,7 %), de pétrole brut (3,5 %), de médicaments (3,0 %) et de gaz de pétrole (2,8 %). Les exportations aéronautiques ont poursuivi leur redressement en 2025 (+18,3 %, à EUR 68 milliards), dépassant leur record de 2019. Les exportations de produits pharmaceutiques ont progressé de 8,7 %. La facture énergétique a reculé de 15,7 % à EUR 71,8 milliards en 2025, en raison principalement de la baisse des prix du gaz naturel et des produits pétroliers raffinés (données des Douanes françaises).

Par pays, les principales destinations d’exportation en 2025 étaient l’Allemagne (13,4 %), les États-Unis (8,1 %), l’Italie (7,9 %), l’Espagne et la Belgique (7,5 % chacune) et le Royaume-Uni (6,4 %), les importations provenant principalement d’Allemagne (12,4 %), de Chine (10,5 %), des États-Unis (7,9 %), d’Italie (7,8 %), d’Espagne (6,5 %) et de Belgique (6,4 % - données Comtrade). Les droits de douane américains ont pesé sur les exportations françaises vers les États-Unis au second semestre 2025 : hors aéronautique, elles ont reculé de 13 % en glissement annuel au quatrième trimestre 2025, avec de fortes baisses pour les spiritueux (-47 %), les vins (-39 %) et les parfums et cosmétiques (-25 % - Douanes françaises).

La France enregistre un important déficit commercial structurel. Néanmoins, alors que la balance des biens est structurellement déficitaire, le pays étant un importateur net d’énergie, la balance des services est excédentaire grâce aux recettes touristiques. Selon les données de l’OMC, en 2025, la France a exporté des biens pour une valeur totale de USD 683,1 milliards (+6,6 % en glissement annuel), tandis qu’elle en a importé pour USD 786,4 milliards (+4,6 % en glissement annuel). Pour les services, la France a exporté environ USD 428,6 milliards (+6,5 % en glissement annuel), tandis que les importations se sont établies à USD 370,0 milliards (+8,4 % en glissement annuel). Le solde commercial global était estimé négatif à hauteur de 0,4 % du PIB par la Banque mondiale (contre 0,3 % un an plus tôt). Selon les dernières données publiées par l’administration des douanes françaises, en 2025, les importations CAF ont augmenté de 0,7 % à EUR 703,6 milliards, après deux années de baisse. La hausse des importations de produits manufacturés (+2,9 %), notamment dans l’aéronautique (+24,6 %) et la pharmacie (+14,4 %), a plus que compensé la baisse des importations d’énergie (-15,7 %). Les exportations ont augmenté de 2,5 % à EUR 614,7 milliards, principalement sous l’effet de volumes plus élevés. La croissance a été portée par l’aéronautique et la pharmacie, tandis que l’excédent agroalimentaire est tombé à un plus bas historique de EUR 0,2 milliard ; le déficit commercial s’est établi à EUR 88,9 milliards sur une base CAF/FAB (EUR 69,2 milliards FAB/FAB).

 
Valeurs du commerce extérieur 20212022202320242025
Importations de biens (millions USD) 715.082823.216788.177751.836786.434
Exportations de biens (millions USD) 585.021620.461651.122640.518683.095
Importations de services (millions USD) 269.102292.343331.855341.459369.973
Exportations de services (millions USD) 316.398364.052374.547402.666428.637

Source : Organisation mondiale du commerce (OMC) ; dernières données disponibles

Indicateurs du commerce extérieur 20212022202320242025
Commerce extérieur (en % du PIB) 63,876,070,668,167,2
Balance commerciale (hors services) (millions USD) -77.149-141.658-84.706-65.033-65.531
Balance commerciale (services inclus) (millions USD) -30.255-70.150-41.937-3.822-6.776
Importations de biens et services (croissance annuelle en %) 8,39,0-0,3-1,22,9
Exportations des biens et services (croissance annuelle en %) 11,39,12,52,51,3
Importations de biens et services (en % du PIB) 32,539,336,234,233,8
Exportations des biens et services (en % du PIB) 31,336,634,533,933,4

Source : Banque mondiale ; dernières données disponibles

Prévisions du commerce extérieur 2026 (e)2027 (e)2028 (e)2029 (e)2030 (e)
Volume des exportations de biens et services (variation annuelle en %) 2,72,22,52,32,2
Volume des importations de biens et services (variation annuelle en %) 1,21,82,22,22,1

Source : IMF, World Economic Outlook ; Latest available data

Note : (e) Donnée estimée

 
La coopération économique internationale
La France est membre des organisations économiques internationales suivantes : CCI, Union européenne, OMC, Espace économique européen, G5, G7, G8, G10, G20, FMI, OCDE, entre autres. Pour la liste complète des organisations économiques et autres organisations internationales auxquelles participe la France, cliquez ici. L’appartenance de la France aux organisations internationales est également présentée ici.
Free Trade Agreements
La liste complète et à jour des accords de libre-échange signés par la France peut être consultée ici.
 

Principaux pays partenaires

Principaux clients
(% des exportations)
2025
Allemagne 13,4%
Etats-Unis 8,1%
Italie 7,9%
Espagne 7,5%
Belgique 7,5%
Voir plus de pays 55,6%
Principaux fournisseurs
(% des importations)
2025
Allemagne 12,4%
Chine 10,5%
Etats-Unis 7,9%
Italie 7,8%
Espagne 6,5%
Voir plus de pays 55,0%

Source : Comtrade, dernières données disponibles

 

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Le contexte politique

Les chefs de gouvernement
Président : Emmanuel Macron (depuis le 14 mai 2017 ; réélu pour un second mandat le 24 avril 2022)
Premier ministre : Sébastien Lecornu (depuis le 9 septembre 2025)
Les prochaines élections
Élection présidentielle : avril 2027
Sénat : septembre 2029
Assemblée nationale : juin 2029
Les principaux partis politiques
À l'issue des élections de 2024, les principaux partis représentés au Parlement français sont :

- Rassemblement national (RN) : extrême droite ; première représentation parlementaire en 1986. S'est présenté seul et est arrivé en tête en nombre de voix
- Renaissance (anciennement La République En Marche) : centre, mouvement politique libéral fondé par Emmanuel Macron
- La France Insoumise (LFI) : extrême gauche
- Le Parti socialiste (PS) : centre gauche, parti social-démocrate défendant la justice sociale, l'égalité et la solidarité
- Les Républicains : parti de centre droit fondé en 2015. Ses députés siègent au sein du groupe Droite républicaine, cinquième groupe de l'Assemblée nationale avec 48 membres. Le parti est généralement considéré comme gaulliste, attaché à un État fort et à l'identité nationale
- Le Mouvement démocrate (MoDem) : centriste
- Les Écologistes - Europe Écologie Les Verts (EELV) : met l'accent sur l'écologie et sur des modes de vie pacifiques et durables
- Horizons (HOR) : centre droit
- Union des droites pour la République (UDR) : conservatisme, populisme de droite
- Parti communiste français (PCF) : communisme, euroscepticisme modéré

Renaissance, le parti centriste du président Emmanuel Macron, a maintenu son alliance avec le MoDem afin de consolider le centre de l'échiquier politique. À gauche, une coalition appelée Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) a été formée en 2022, regroupant notamment LFI, le PS et EELV.

Le pouvoir exécutif
Le président de la République est le chef de l'État. Il ou elle est élu(e) au suffrage universel direct pour cinq ans. Il ou elle nomme le Premier ministre et, sur proposition de celui-ci, les membres du gouvernement. Le Premier ministre fixe le montant des dépenses et des recettes de l'État et prépare certains projets de loi.
Le pouvoir législatif
Le Parlement se compose du Sénat et de l'Assemblée nationale. Les 348 sénateurs sont élus au suffrage universel indirect pour six ans, renouvelables par moitié tous les trois ans. Les 577 députés sont élus au suffrage universel direct. Ils examinent successivement les projets et propositions de loi, votent la loi et contrôlent le gouvernement. Le Conseil économique, social et environnemental exerce une fonction consultative (facultative ou obligatoire) dans le cadre de la procédure législative.
 

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