
La conjoncture économique
L'économie autrichienne est considérée comme l'une des plus stables d'Europe. Le pays s'appuie sur un réseau très solide de PME tournées vers l'exportation, un excellent niveau universitaire et des dépenses importantes en recherche et développement. Néanmoins, le pays a connu une deuxième année consécutive de récession en 2024, le PIB s'étant contracté d'environ 0,6 % après une croissance négative de 0,8 % un an plus tôt (FMI). Au cours de l'année, la consommation privée a stagné malgré la hausse des salaires réels, l'inflation élevée ayant érodé la confiance des consommateurs et entraîné une forte hausse du taux d'épargne. Le niveau élevé des taux d'intérêt et des coûts de l'énergie a freiné l'investissement, en particulier dans la construction et l'industrie. L'investissement dans la construction est resté négatif, l'investissement résidentiel se contractant pour la cinquième année consécutive. La faible croissance industrielle et le faible niveau d'investissement des entreprises chez les principaux partenaires commerciaux ont pesé de manière disproportionnée sur l'industrie autrichienne, spécialisée dans les biens intermédiaires et les machines destinés à l'exportation. Selon le FMI, la croissance devrait reprendre en 2025 (+1,1 %) et en 2026 (+1,7 %). La consommation privée devrait se redresser à mesure que les incertitudes s'estompent, tandis que l'investissement devrait rebondir, porté par la hausse de la demande des principaux partenaires commerciaux, la baisse des coûts de l'énergie et l'amélioration des conditions de financement.
Le déficit des administrations publiques est passé de 2,6 % du PIB en 2023 à 3,6 % en 2024 (Commission européenne), principalement en raison de l'indexation sur l'inflation des salaires publics, des pensions et des prestations sociales, ainsi que de la hausse des dépenses consacrées à la garde d'enfants, à la santé, au logement et aux initiatives climatiques dans le cadre budgétaire national. En outre, les mesures visant à atténuer les prix élevés de l'énergie, telles que le frein aux prix de l'électricité, ont été prolongées jusqu'à la fin de 2024. En 2025, le déficit a atteint 4,2 % du PIB, et il devrait légèrement diminuer à 4,1 % en 2026 comme en 2027. La croissance des recettes fiscales devrait ralentir à mesure que l'inflation reflue, l'orientation budgétaire autrichienne, auparavant expansionniste, devenant restrictive à hauteur de 0,4 % du PIB sur la période de prévision. Sous l'effet conjugué d'une croissance plus faible du PIB nominal et de déficits primaires plus élevés, le ratio dette/PIB – estimé à 81,5 % l'an dernier – devrait suivre une trajectoire ascendante sur l'horizon de prévision, pour atteindre 83,4 % fin 2026 et 84,9 % en 2027 (Commission européenne). L'inflation globale est passée de 7,7 % en 2023 à environ 3 % en 2024, sous l'effet de la baisse des prix de gros de l'énergie et de l'atténuation des pressions sur les prix des biens industriels et des produits alimentaires. L'inflation dans les services est restée persistante en raison de la forte croissance des salaires. En 2026 et 2027, la croissance des salaires et l'inflation dans les services devraient reculer, l'inflation globale s'établissant à 3,6 % en 2025 et étant projetée à 3,0 % en 2026 et à 2,5 % en 2027 (Commission européenne).
L'Autriche affiche un faible taux de chômage par rapport aux autres pays de la zone euro et de l'UE, ainsi qu'à l'échelle mondiale. La récession prolongée a modérément affecté le marché du travail, le taux de chômage passant de 5,1 % en 2023 à 5,6 % en 2024. Il devrait rester stable en 2025 avant de diminuer en 2026 (FMI). Les départs à la retraite ont contribué à limiter la hausse du chômage, tandis que l'immigration et l'alignement progressif de l'âge de départ à la retraite des femmes sur celui des hommes ont maintenu l'offre de main-d'œuvre. La rémunération nominale par salarié a augmenté de 3,6 % en 2025 et devrait progresser de 3,0 % en 2026, soutenant la croissance des salaires réels. Dans l'ensemble, les Autrichiens bénéficient de l'un des PIB par habitant (PPA) les plus élevés d'Europe, estimé par le FMI à 61 080 USD en 2025.
| Indicateurs de croissance | 2025 | 2026 (E) | 2027 (E) | 2028 (E) | 2029 (E) |
| PIB (milliards USD) | 579,93 | 623,72 | 644,69 | 664,45 | 686,01 |
| PIB (croissance annuelle en %, prix constant) | 0,6 | 0,7 | 1,0 | 1,3 | 1,1 |
| PIB par habitant (USD) | 63.161 | 67.761 | 69.865 | 71.805 | 73.929 |
| Solde des finances publiques (en % du PIB) | -4,5 | -4,2 | -3,8 | -3,8 | -3,7 |
| Endettement de l'Etat (en % du PIB) | 80,5 | 82,1 | 82,7 | 83,4 | 84,2 |
| Taux d'inflation (%) | 3,6 | 2,5 | 2,6 | 2,1 | 2,1 |
| Taux de chômage (% de la population active) | 5,7 | 5,7 | 5,6 | 5,4 | 5,2 |
| Balance des transactions courantes (milliards USD) | 6,00 | 2,73 | 4,74 | 10,70 | 14,71 |
| Balance des transactions courantes (en % du PIB) | 1,0 | 0,4 | 0,7 | 1,6 | 2,1 |
Source : FMI - World Economic Outlook Database , Dernières données disponibles
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